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Guide gratuit · Selon votre projet

Financer un investissement locatif : comment la banque compte vos loyers

Pour financer un investissement locatif, la banque ne retient que 70 à 90 % du loyer attendu, qu'elle ajoute à vos revenus, alors que la mensualité du crédit compte à 100 % dans vos charges : le loyer ne « rembourse » pas le crédit dans son calcul, et votre endettement doit rester sous 35 %, assurance comprise. Si vous êtes locataire, votre propre loyer est aussi une charge, exactement comme une mensualité : c'est l'une des raisons pour lesquelles, dans la très grande majorité des cas, mieux vaut acheter sa résidence principale avant d'investir.

Les réseaux sociaux répètent le contraire : rester locataire, investir d'abord, enchaîner les acquisitions parce que « les loyers paient les crédits ». Ce discours date d'une époque où les banques calculaient autrement. Voici comment elles comptent aujourd'hui, chiffres à l'appui.

Faut-il acheter sa résidence principale avant d'investir ?

Oui, dans la très grande majorité des cas. Le conseil « reste locataire et fais travailler l'argent de la banque » circule beaucoup ; il expose à trois risques bien réels :

  • Beaucoup de banques disent non d'emblée à un investisseur qui n'est pas propriétaire de sa résidence principale : c'est leur politique de risque, quel que soit le rendement du projet.
  • Le locatif ampute la capacité d'achat de votre futur logement : deux studios achetés trop tôt suffisent parfois à bloquer l'achat de la maison familiale.
  • On n'enchaîne pas les investissements en étant locataire : votre loyer compte comme une mensualité, les loyers perçus sont décotés, et passé un certain niveau d'encours, la banque dit non quel que soit le ratio — certaines limitent même le nombre de prêts immobiliers par client.

Un premier achat reste souvent possible pour un locataire : c'est le suivant qui coince.

Comment la banque compte les loyers d'un investissement locatif

Aucune banque ne compte le loyer futur en entier : elle en retient 70 à 90 % selon sa politique — 70 % le plus souvent, 90 % pour les biens les mieux situés. L'écart couvre forfaitairement la vacance, les impayés et les charges.

Le calcul de référence, imposé par le Haut Conseil de stabilité financière depuis 2021, est (toutes les mensualités, assurance comprise) ÷ (revenus nets + loyers retenus) × 100, plafonné à 35 % (voir notre guide comment la banque analyse un dossier de prêt). Le calcul différentiel, qui ne comptait en charge que l'écart entre mensualité et loyer, n'est plus appliqué. Beaucoup de stratégies vantées en ligne ont été bâties à cette époque : la banque ne les finance plus.

Les revenus de location courte durée de type Airbnb, quand la banque les retient, le sont à 70-90 % de leur moyenne sur trois ans ; pour un projet nouveau, beaucoup d'établissements ne retiennent que le loyer d'une location classique.

Exemple chiffré

Locataire, il ne peut plus enchaîner les studios

Un célibataire gagne 3 500 € nets par mois et paie un loyer de 750 €. Il cible des studios identiques : 560 € de mensualité assurance comprise, 620 € de loyer, retenu à 70 %, soit 434 €.

Calcul actuel. Premier studio : (750 + 560) ÷ (3 500 + 434) = 33,3 %, le dossier reste sous les 35 %. Deuxième studio : (750 + 560 + 560) ÷ (3 500 + 434 + 434) = 42,8 %, très au-dessus. Pourtant, chaque loyer couvre sa mensualité.

Ancien calcul différentiel. Charge nette par studio : 560 − 434 = 126 €. Premier : (750 + 126) ÷ 3 500 = 25,0 %. Deuxième : (750 + 252) ÷ 3 500 = 28,6 %. Troisième : (750 + 378) ÷ 3 500 = 32,2 %. Trois acquisitions auraient tenu sous les 35 %.

Avec les règles actuelles, il s'arrête au premier studio, là où l'ancien calcul lui en laissait trois.

Rendement brut et rendement net : comment les calculer

Le rendement permet de comparer deux biens ; le cash-flow dit si le projet tient dans votre budget mois après mois, et c'est lui que la banque regarde en priorité.

  • Rendement brut = loyers annuels ÷ coût total d'acquisition × 100, le coût total comprenant le prix, les frais de notaire, de garantie et de dossier, et les travaux.
  • Rendement net = (loyers annuels − charges annuelles) ÷ coût total × 100, une fois retirées la taxe foncière, la copropriété non récupérable, l'assurance propriétaire non occupant, la gestion et l'entretien. Entre les deux, on perd couramment près d'un tiers du rendement, avant même de parler d'impôt.
  • Rendement net-net : ce qui reste une fois l'impôt et les prélèvements sociaux payés ; il dépend de votre régime fiscal et de votre taux d'imposition.

Cash-flow positif ou effort d'épargne : ce que la banque préfère

Le cash-flow mesure ce qu'il reste chaque mois : le loyer encaissé, diminué de la mensualité et de toutes les charges mensualisées. Pour la plupart des biens financés à crédit sur 20 à 25 ans, ce solde est négatif ; ce que vous ajoutez de votre poche s'appelle l'effort d'épargne. C'est la contrepartie normale d'un patrimoine acheté à crédit, pourvu qu'il soit chiffré et tenable.

Le « cash-flow positif » vanté en ligne exige un rendement très élevé, souvent dans une ville où la demande locative est fragile, un gros apport ou une durée très longue. Le banquier, lui, y voit un risque de logement vide et de bien difficile à revendre. Un effort de 300 € par mois, assumé et en phase avec l'épargne qu'affichent vos relevés, le rassure bien plus. Gardez aussi une marge : une épargne résiduelle de 5 000 à 10 000 € minimum après l'achat, plutôt 15 000 à 20 000 € avec travaux.

Attestation de valeur locative, apport, durée : monter le dossier

Le loyer futur conditionne tout le calcul : la banque ne se contente donc pas de votre propre estimation. Il lui faut une attestation de valeur locative, rédigée sur papier à en-tête par une agence immobilière ou un notaire. Faites-en établir une dès la visite, deux si possible : cela ne coûte rien. Dans un secteur peu demandé, l'analyste peut appliquer une décote plus forte, voire ne pas retenir le loyer du tout.

En règle générale, l'apport attendu couvre au minimum les frais : notaire (environ 7 à 8 % dans l'ancien), garantie (environ 1 à 1,5 %) et dossier (500 à 2 000 €, difficiles à négocier), soit environ 10 % du prix. Une durée de 20 à 25 ans allège la mensualité, donc l'effort d'épargne et l'endettement. Si le bien demande des travaux, un différé évite de payer une mensualité pleine sans loyer : voyez notre guide acheter dans l'ancien avec travaux. Pour investir à plusieurs, lisez notre guide emprunter en SCI.

Conseil du courtier

Le conseil que je donne à tous mes clients investisseurs : faites chiffrer votre capacité d'emprunt avant la première visite, en retenant le loyer à 70 %, l'hypothèse la plus prudente. En dix minutes, vous savez si votre budget est de 150 000 € ou de 90 000 €, avant de vous attacher à un bien. Locataire, faites aussi le calcul inverse : quelle résidence principale pourrez-vous encore financer une fois ce studio acheté ?

Aller plus loin · La fiche complète

La fiche « Investissement locatif »

La fiche « Investissement locatif » détaille le calcul complet du rendement et du cash-flow d'un studio, les régimes locatifs (nu ou meublé, micro ou réel) et les quotités d'assurance à optimiser quand on vise plusieurs biens. Vous y trouverez aussi le business plan d'une page et le tableau de bord du patrimoine que les banques apprécient, un plan d'action en 6 étapes, la check-list des pièces, un quiz et un mémo express.

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Plusieurs sujets vous concernent ? Le pack des 17 fiches est à 199 € au lieu de 553 € — et si vous me confiez ensuite votre dossier, la remise de 10 % sur mes honoraires de courtage dépasse le prix du pack sur un dossier mené à son terme (conditions dans les CGV).

Questions fréquentes

Comment la banque prend-elle en compte les loyers d'un investissement locatif ?

Elle retient 70 à 90 % du loyer estimé, selon les établissements, et l'ajoute à vos revenus ; la mensualité du crédit est comptée à 100 % dans vos charges. Le loyer doit être justifié par une attestation de valeur locative d'agence, et l'endettement total ne doit pas dépasser 35 %, assurance comprise.

Le calcul différentiel est-il encore utilisé par les banques ?

Non. Depuis les règles du HCSF, les banques appliquent la méthode classique : les loyers retenus s'ajoutent aux revenus et les mensualités aux charges, sans compensation. Le différentiel, qui ne comptait que l'écart entre mensualité et loyer, affichait des taux d'endettement bien plus bas : une simulation qui l'utilise encore est périmée.

Peut-on faire un investissement locatif en étant locataire ?

Un premier achat reste souvent envisageable, mais beaucoup de banques écartent les investisseurs qui ne sont pas encore propriétaires de leur résidence principale. Votre loyer compte dans l'endettement comme une mensualité, et chaque investissement réduit la capacité d'achat de votre futur logement : dans la très grande majorité des cas, la résidence principale doit passer en premier.

Quel apport faut-il pour un investissement locatif ?

En général, de quoi couvrir au moins les frais : notaire (environ 7 à 8 % du prix dans l'ancien), garantie (environ 1 à 1,5 %) et frais de dossier (500 à 2 000 €), soit environ 10 % du prix. Un financement à 110 %, sans apport, reste possible pour des profils excellents, mais il devient rare.

Comment calculer le rendement d'un investissement locatif ?

Rendement brut = loyers annuels ÷ coût total d'acquisition (prix, frais de notaire, de garantie et de dossier, travaux) × 100. Pour le rendement net, on retranche d'abord des loyers les charges annuelles : taxe foncière, copropriété non récupérable, assurance, gestion, entretien. L'écart entre brut et net atteint souvent près d'un tiers, avant tout impôt.

Ce guide fournit une information générale fondée sur les pratiques bancaires constatées à sa date de mise à jour. Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une offre de crédit. Chaque banque applique ses propres critères et les chiffres cités évoluent : vérifiez-les au moment de votre projet. Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.