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Guide gratuit · Selon votre projet

Regroupement de crédits : avantages, inconvénients et vrai coût

Le regroupement de crédits, ou rachat de crédits, remplace plusieurs crédits en cours par un seul prêt, remboursé sur une durée plus longue : la mensualité globale baisse, souvent de 30 à 60 %. En contrepartie, vous payez plus cher au total : une offre se juge sur trois chiffres, le TAEG, la durée et le montant total dû, jamais sur la mensualité seule.

Bien mené, c'est un outil de respiration pour un ménage solvable étranglé par ses mensualités, et parfois la clé d'un futur achat immobilier. Mal mené, c'est une dette rallongée qui ne règle rien. Voici le mode d'emploi, chiffres à l'appui.

À qui s'adresse un regroupement de crédits ?

Le profil type paie tout, à l'heure, mais il ne lui reste rien en fin de mois : un crédit auto, un prêt travaux, deux renouvelables ouverts « pour dépanner ». Pris un par un, aucun n'est déraisonnable ; additionnés, ils asphyxient le budget.

Mon test en rendez-vous : additionnez toutes vos mensualités, LOA et LLD comprises, et divisez par vos revenus nets. Entre 40 et 55 %, comptes encore tenus, le regroupement a du sens. Sous 35 %, le problème est ailleurs et l'opération vous coûterait pour rien. Au-delà, avec des impayés installés, allonger la durée ne fait que repousser le mur : c'est la procédure gratuite de surendettement de la Banque de France qu'il faut regarder (effacement partiel possible, mais inscription au FICP pendant le plan).

Ce marché est tenu par des établissements spécialisés, rarement par votre banque habituelle. Ils acceptent couramment 45 % d'endettement après regroupement, jusqu'à 50 % pour les meilleurs profils, si le reste à vivre suffit.

Quels crédits peut-on regrouper ?

  • Crédits à la consommation (auto, travaux, prêt personnel) et découvert : le cœur des dossiers.
  • Crédits renouvelables : la priorité, à des taux souvent proches de 20 % ; exigez leur clôture, pas seulement leur remboursement.
  • LOA et LLD : juridiquement des locations, pas toujours rachetables, mais comptées à 100 % dans votre endettement.
  • Dettes fiscales ou familiales : parfois, avec justificatifs ou reconnaissance de dette écrite ; dettes de jeu et professionnelles, rarement.
  • Crédit immobilier : possible, mais racheter un prêt à taux bas par un prêt plus cher détruit un avantage acquis. Faites toujours chiffrer le scénario qui le laisse en dehors.

Refusez enfin toute trésorerie complémentaire sans besoin chiffré : chaque euro emprunté en plus allonge la facture.

Rachat de crédits conso ou hypothécaire : la règle des 60 %

La loi tranche selon la part de crédits immobiliers dans le montant regroupé. En dessous de 60 %, l'opération relève du crédit à la consommation, même au-delà de ses plafonds habituels : 14 jours de rétractation après signature. À partir de 60 %, elle relève du crédit immobilier : offre de prêt formelle, 10 jours de réflexion avec acceptation au plus tôt le 11e jour, et le plus souvent une hypothèque sur votre logement.

Le regroupement hypothécaire, réservé aux propriétaires, autorise des montants plus élevés, des durées plus longues et des taux plus bas, mais il engage votre logement. Ne le confondez pas avec le prêt hypothécaire, qui sert à financer un projet.

Le vrai coût : TAEG, durée, montant total dû

La mensualité est l'indicateur le plus facile à manipuler : il suffit d'allonger la durée. Calculez d'abord votre coût de référence, ce qu'il vous reste à payer sur chaque crédit jusqu'à son terme, puis comparez-le au montant total dû de chaque offre, frais compris :

  • indemnités de remboursement anticipé : 1 % du capital remboursé sur un crédit conso (0,5 % s'il reste moins d'un an), 6 mois d'intérêts dans la limite de 3 % du capital restant dû sur un crédit immobilier, aucune sur les renouvelables et découverts ;
  • frais de dossier : couramment 500 à 2 000 €, difficiles à négocier ;
  • frais d'intermédiaire : dus seulement si l'opération se réalise, jamais avant le déblocage des fonds ;
  • garantie, en hypothécaire : environ 1,5 à 2 % du montant (notaire, taxe, inscription), plus une mainlevée si vous soldez avant le terme ;
  • assurance emprunteur : facultative en régime conso mais souvent exigée ; comparez-la en délégation, comme une assurance de prêt immobilier.
Exemple chiffré

Trois crédits regroupés : −390 € par mois, +11 700 € au total

Un couple rembourse trois crédits : auto (12 500 € restants, 340 €/mois pendant 40 mois), travaux (18 000 €, 310 €/mois pendant 66 mois), renouvelable (6 500 € à environ 20 %, 200 €/mois pendant environ 47 mois). Soit 850 €/mois, 37 000 € de capital restant dû et environ 43 500 € encore à payer.

Après regroupement : 37 000 € plus environ 1 500 € de frais et d'indemnités, soit 38 500 € sur 120 mois à un taux illustratif de 6,5 % hors assurance (à vérifier au moment de votre projet). Mensualité : environ 437 €, soit environ 460 € assurance comprise.

Bilan : 390 €/mois de moins (−46 %), mais 460 × 120 = 55 200 € payés sur 10 ans, contre 43 500 € sans l'opération. Le surcoût, environ 11 700 €, est le prix de la respiration : il diminue avec chaque année de durée en moins.

Regroupement de crédits et futur achat immobilier

C'est l'angle que je rencontre le plus souvent : un ménage veut acheter, mais ses crédits conso saturent son endettement. Mené 12 à 24 mois avant la demande de prêt, un regroupement abaisse l'endettement, assainit les relevés et libère de quoi constituer un apport. Le prêt immobilier exigera 35 % d'endettement maximum, assurance comprise, sur 25 ans : à taux courants, chaque tranche de 100 € de mensualité libérée vaut environ 18 000 à 20 000 € de capacité d'emprunt (à vérifier au moment de votre projet).

La banque lira aussi les 3 derniers relevés de tous vos comptes : signé le mois précédant la demande, le regroupement ressemble à un maquillage ; signé un à deux ans avant et suivi de relevés impeccables, il raconte un budget repris en main (voir comment la banque analyse un dossier).

Rachat de crédits : les pièges à éviter

Le premier vient après la signature : le ré-endettement. La trésorerie libérée « autorise » un nouveau crédit auto, puis un renouvelable rouvert, et vous voilà avec le regroupement plus de nouveaux crédits : c'est l'échec que je rencontre le plus souvent après ces opérations. Règle absolue : zéro nouveau crédit, et une partie de la mensualité libérée virée en épargne dès le premier mois. Avant de signer, fuyez aussi :

  • l'urgence (« offre valable 48 h ») et le taux d'appel : seule compte l'offre écrite à votre nom, avec son TAEG ;
  • l'allongement excessif : environ 12 ans au plus en conso, 15 à 25 ans en hypothécaire quand une part immobilière le justifie ;
  • l'intermédiaire sans immatriculation vérifiable sur orias.fr, ou qui réclame des « frais d'étude » avant le déblocage des fonds ;
  • la trésorerie glissée d'office dans l'offre.
Conseil du courtier

Ne comparez jamais deux offres sur la mensualité. Exigez pour chacune le TAEG, la durée et le montant total dû, et posez-les à côté de votre coût de référence : à mensualité égale, j'ai déjà vu plus de 8 000 € d'écart de coût total entre deux propositions. Et déposez votre dossier avant le premier impayé : un dossier tendu mais propre se défend bien mieux.

Aller plus loin · La fiche complète

La fiche « Regroupement de crédits »

La fiche « Regroupement de crédits » va plus loin : les critères détaillés des prêteurs spécialisés, le cas chiffré d'un couple qui retrouve sa capacité d'emprunt immobilier, l'arbre de décision « regroupement ou pas » et les six questions à poser avant de signer. Elle contient aussi le plan d'action en six étapes, les documents à réunir, un quiz, un mémo express et un lexique.

20 pages · PDF à votre nom · téléchargement immédiat · quiz et mémo express
Plusieurs sujets vous concernent ? Le pack des 17 fiches est à 199 € au lieu de 553 € — et si vous me confiez ensuite votre dossier, la remise de 10 % sur mes honoraires de courtage dépasse le prix du pack sur un dossier mené à son terme (conditions dans les CGV).

Questions fréquentes

Quels sont les avantages et inconvénients d'un regroupement de crédits ?

Avantages : une mensualité unique, souvent 30 à 60 % plus basse, et un budget qui respire. Inconvénients : une durée plus longue, donc un coût total plus élevé, plus des frais (indemnités de remboursement anticipé, frais de dossier, garantie éventuelle). L'opération se justifie pour un ménage solvable étranglé par ses mensualités.

Peut-on inclure une LOA ou une LLD dans un rachat de crédits ?

Pas toujours : juridiquement, une LOA ou une LLD est une location et non un crédit, et tous les établissements ne la rachètent pas. Elle compte en revanche à 100 % dans votre taux d'endettement : ne l'oubliez jamais dans vos calculs.

Quel délai de rétractation pour un regroupement de crédits ?

Si les crédits immobiliers représentent moins de 60 % du montant regroupé, l'opération suit le régime du crédit à la consommation : 14 jours de rétractation après signature. À partir de 60 %, elle suit celui du crédit immobilier : 10 jours de réflexion, acceptation possible à partir du 11e jour.

Peut-on faire un rachat de crédits en étant fiché FICP ?

Le fichage FICP bloque la quasi-totalité des regroupements sans garantie, mais certains établissements spécialisés étudient les dossiers de propriétaires en regroupement hypothécaire, la garantie sur le bien compensant le risque. Un fichage lié à un surendettement en cours interdit en pratique toute nouvelle opération.

Un regroupement de crédits empêche-t-il d'acheter un bien immobilier ?

Non, il peut même rendre le projet possible en ramenant l'endettement sous les 35 %, assurance comprise, exigés pour un prêt immobilier. À condition de le réaliser 12 à 24 mois avant la demande, puis de présenter des relevés impeccables sans souscrire de nouveau crédit.

Ce guide fournit une information générale fondée sur les pratiques bancaires constatées à sa date de mise à jour. Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une offre de crédit. Chaque banque applique ses propres critères et les chiffres cités évoluent : vérifiez-les au moment de votre projet. Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.